Communiqué de la FICIB - Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt

Communiqué de la FICIB - Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt
1er Mai 2008 : Un voyage pour rien de Bernard Kouchner ?

(photo de Pablo Emilio Moncayo - otage des FARC depuis 10 ans)

La FICIB a constaté avec déception mais sans surprise le manque apparent de résultats du voyage de Bernard Kouchner en Colombie et dans les pays voisins.

Seuls des observateurs peu au fait de la situation sur place pouvaient espérer un soudain rétablissement par le président Uribe de la mission de médiation du président Chavez, ou le rétablissement de relations cordiales entre Quito et Bogota; si cela était vraiment le but de cette mission, cela démontrerait de la part du ministre français des Affaires Étrangères un manque de réalisme difficile à imaginer.

Il est probable que le but réel de ce voyage était plutôt de faire le point avec les parties directement impliquées dans le problème des otages colombiens, pour essayer de réinsérer la France dans un processus dont beaucoup pensent qu'elle s'est exclue avec l'épisode incompréhensible de l'avion "humanitaire".

L'intransigeance réaffirmée de la guérilla et du gouvernement colombien, aggravée par l'exécution récente de Raul Reyes par l'armée colombienne, rendent illusoire à court terme une solution basée sur un accord humanitaire, car cela implique une rencontre et une négociation entre les deux parties en conflit.

Malgré la difficulté de la tâche, une médiation visant à rendre possible cette rencontre et cette négociation est indispensable. La France, seule, n'est pas à même de remplir cette mission. Nous demandons au ministre des Affaires Étrangères, plutôt que d'envisager des actions isolées, de consacrer plutôt ses efforts pour faire intervenir des pays comme l'Argentine, le Chili, le Brésil ou d'autres pays, tout en soutenant, avec toute la discrétion qui est nécessaire, les initiatives du président Chavez pour obtenir à plus court terme, grâce à ses contacts privilégiés, d'autres libérations d'otages civils parmi lesquels Ingrid Betancourt.
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# Posté le vendredi 09 mai 2008 03:04

Dans l'ombre d'Ingrid Betancourt, cinq morts oubliés en Equateur

www.betancourt.info
L'assassinat de Raul Reyes, numéro deux des Forces armées révolutionnaires colombiennes, n'a pas seulement interrompu les négociations pour la libération d'Ingrid Betancourt. Dans le camp des Farc, l'armée de Colombie est également "tombée" sur un groupe d'étudiants mexicains attaqués avant leur interview de Raul Reyes. Ils étaient cinq. L'une a survécu, les autres ont été massacrés. Sur les images saisies après le drame, on voit des corps presque nus, des restes humains éparpillées; sur un étendoir, les étudiants avaient suspendu leurs jeans pour la nuit.

Les autorités colombiennes ont immédiatement fait des cinq étudiants des guérilleros. Leurs parents et la survivante assurent au contraire qu'ils étaient là-bas pour enquêter sur la guérilla sur laquelle ils faisaient des recherches à la faculté d'histoire de l'université de Mexico. Leur séjour en Equateur ne se limitait pas à cette rencontre avec Raul Reyes. A Quito, ils avaient rencontré des responsables politiques, suivi des conférences. Pour la presse sud-américaine, il ne fait pas de doute qu'ils n'étaient pas des combattants. Le magazine chilien Punto Final leur a consacré une enquête sous le titre "Ni 'angelitos' ni delincuentes: la muerte de cinco estudiantes mexicanos en el campamento de las FARC en Ecuador" (Ni anges ni délinquants: la mort de cinq étudiants mexicains dans le camp des Farc en Equateur) (lire l'article en espagnol sur Bolpress).

Dans quelle condition sont-ils morts? Victimes du bombardement préalable à l'assaut ou assassinés sur place par l'armée colombienne? Pourquoi ont-ils été tués ? Leurs proches craignent de ne jamais avoir de réponses à ces questions. Que fera le Mexique, leur pays, pour demander justice? Que fera l'Equateur qui ne contrôle pas sa frontière sud, où les Farc se sont repliées? Que fera la Colombie, outre justifier son militarisme par le terrorisme? Le 11 mars, les parents des victimes ont créé l'Association des parents des massacrés du 1er mars, pour tenter de faire la lumière sur ces événements, de faire en sorte que la guerre qui mine la région et a pris la vie de leurs enfants n'ait pas raison de l'idée même de justice.

Un meurtre d'Etat?

Alors que la mobilisation pour la libération d'Ingrid Betancourt maintient la Colombie sous les feux de l'actualité, ce massacre n'a trouvé aucun écho dans la presse française. L'un des risques de la médiatisation de la captivité d'Ingrid Bettancourt est la perte du sens politique de son histoire. Demander sa libération, ce n'est pas seulement faire un geste évident d'humanité. C'est aussi protester contre la barbarie des prises d'otage, érigée en technique de guerre. C'est aussi s'en prendre à la violence et à la faiblesse de la démocratie colombienne. Le risque de la personnalisation à outrance du drame d'Ingrid Betancourt serait de glisser de cette conscience politique vers la pure compassion.

La libération humanitaire des otages est une stratégie diplomatique qui se défend. Mais leur captivité fait partie d'un jeu politique et géopolitique plus large et plus complexe. L'oublier serait trahir le sens même du combat de la sénatrice franco-colombienne qui n'avait pas de mots assez durs contre la corruption et les multiples entraves aux libertés, à la justice, à la démocratie qui minaient son pays. Ne pas passer sous silence le massacre de ces jeunes gens perpétré par l'armée colombienne en Equateur et le déni de justice opposé jusqu'à présent à leurs parents, c'est prolonger son combat contre le meurtre et pour la justice. Si le silence retombait sur le drame des étudiants mexicains sans qu'une enquête ait été menée et que ses circonstances soient éclaircies, leur mort deviendrait un meurtre d'Etat. Quant au sens humain de ce drame, n'est-il pas fondamentalement le même que celui vécu par Ingrid Betancourt?

16/04/2008 - Rue 89

# Posté le mercredi 16 avril 2008 11:54

Chanson pour Ingrid

Merci à Jessejam d'avoir composé cette chanson pour Ingrid.

# Posté le mardi 08 avril 2008 10:45

Marche blanche - Mobilisation pour Ingrid Betancourt et tous les otages

Un peu partout en France, étaient organisée une "marche blanche" en soutien à Ingrid Betancourt, Pablo Emilio Moncayo, séquestré depuis plus de 10 ans (fils de Gustavo Moncayo - le marcheur de la Paix) (Cf. articles du 15/11/07 et 2/09/07) et tous les otages détenus en Colombie.

# Posté le lundi 07 avril 2008 04:09